Qu’est-ce qu’un PFAS?

Les substances per- et polyfluoroalkylées : ce sont des composés chimiques de synthèse, produits depuis les années 40, qui rentrent dans la fabrication de nombreux objets du quotidien, et interviennent dans de nombreux procédés de fabrication.

Leur structure chimique comprend une liaison particulièrement stable (la liaison carbone-fluor), ce qui les rend persistants dans l’environnement.

Ils sont présents dans les emballages, les mousses anti-incendies, les revêtements antiadhésifs, les produits cosmétiques, les composants électroniques, les batteries de voitures, les vêtements techniques d’extérieur, les dispositifs médicaux, le cuir, l’ameublement, les pesticides… Rares sont les domaines qui échappent à leur présence.

Ils présentent en effet, en raison même de leur stabilité, des qualités très recherchées dans de nombreux domaines : résistance à la chaleur, à la dégradation biologique, aux acides et aux bases, propriétés déferlantes, isolation électrique…

Quelques exemples

Le PTFE, le Téflon, est bien connu pour son utilisation dans les revêtements de poêles à frire.

Le PFOS et le PFOA sont ceux qui ont été les plus étudies et sont à présent interdits dans l’UE. Ils ont été développés par 3M et DuPont pour servir dans les traitements antitaches, imperméabilisant, les traitements de surface pour les papiers et emballages alimentaires devant résister aux graisses, bref toutes sortes d’utilisations bien pratiques, pour lesquelles les produits de substitution ne sont pas toujours faciles à trouver. Comme pour les conservateurs alimentaires, ce n’est pas pour la déco qu’ils ont été développés et produits.

Impacts sanitaires

Aujourd’hui, cependant, la situation est critique pour tous ces PFAS. Nous connaissons désormais leur impact négatif sur la santé, avec une toxicité sur la reproduction, des effets endocriniens, métaboliques, immunitaires, cancérigènes. Ajoutons à cela qu’on les retrouve en grande quantité dans l’eau potable, dans les eaux de boisson, dans les aliments et/ou leurs emballages, et dans tous les objets et matériaux cités plus haut.

Alors que faire, pour échapper à cette mer de plastique ?

Tout d’abord, se renseigner sur la teneur de notre eau du robinet. Si ces composés ne sont pas mesurés dans notre région, nous adresser à nos représentants politiques pour mettre la question à l’ordre du jour, et en attendant, consommer de l’eau en bouteille… si possible de verre, et après avoir vérifié leur teneur en ces polluants, bien évidemment !

Août 2026 : un PFAS du quotidien

Le 30 juillet, la ville de Rouen a déposé une plainte contre BASF, leader mondial de la chimie. Elle attaque la multinationale pour une pollution liée à la production de divers produits chimiques.

Panorama of Rouen at sunset. Rouen, Normandy, France

En particulier, le TFA. De l’acide trifluoroacétique s’est en effet retrouvé massivement dans l’environnement. Il s’agit d’un PFAS, ce que l’on nomme un polluant éternel, qui persiste dans l’environnement sans pouvoir y être intégré et dégradé.

Le TFA est classé au niveau européen comme un reprotoxique probable : il peut nuire à la fertilité et à la santé de l’enfant à naître. Il est issu majoritairement des gaz fluorés des liquides des frigos, et des pesticides.

Pour l’instant, l’origine de ce TFA déversé dans la Seine à Rouen est inconnue. Historiquement, la fabrication d’un des produits fabriqués dans l’usine BASF, le fibronil, générait du TFA. Désormais ce ne serait plus le cas, d’autres processus de fabrication ayant été développés. Alors, s’agit-il d’anciens stocks malencontreusement rejetés dans le fleuve, ou de produits d’autres fabrications? En effet, l’usine fabrique également des phytosanitaires, dont le processus de production peut générer du TFA.

Dans tous les cas, la molécule impliquée dans la pollution du cours d’eau fait partie de notre quotidien : le fibronil est utilisé comme traitement anti-puces pour les chiens ; les phytosanitaires se retrouvent dans les aliments que nous mangeons ; et l’acide trifluoroacétique… est présent dans plus de 90% des échantillons d’eau du robinet ! (Source : Ministère de la Santé).

Alors, comment essayer d’échapper à cette invasion du quotidien? Privilégier les aliments bio est une première piste pour diminuer la charge des polluants. S’informer sur la qualité de l’eau de notre robinet ; si besoin, interpeller nos élus locaux, lorsque les PFAS ne sont pas mesurés chez nous ; enfin, en cas de doute, si l’on préfère pour sa propre santé consommer de l’eau en bouteille, se renseigner sur les différentes teneurs en PFAS des eaux de sources et des eaux minérales. Attention, toutefois, les particules de plastique des contenants se retrouveront dans la nature.

Catégories CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) européennes :

Catégorie 1ACancérogène avéré
Catégorie 1BCancérogène probable
Catégorie 2Cancérogène possible