Août 2026 : un PFAS du quotidien

Le 30 juillet, la ville de Rouen a déposé une plainte contre BASF, leader mondial de la chimie. Elle attaque la multinationale pour une pollution liée à la production de divers produits chimiques.

Panorama of Rouen at sunset. Rouen, Normandy, France

En particulier, le TFA. De l’acide trifluoroacétique s’est en effet retrouvé massivement dans l’environnement. Il s’agit d’un PFAS, ce que l’on nomme un polluant éternel, qui persiste dans l’environnement sans pouvoir y être intégré et dégradé.

Le TFA est classé au niveau européen comme un reprotoxique probable : il peut nuire à la fertilité et à la santé de l’enfant à naître. Il est issu majoritairement des gaz fluorés des liquides des frigos, et des pesticides.

Pour l’instant, l’origine de ce TFA déversé dans la Seine à Rouen est inconnue. Historiquement, la fabrication d’un des produits fabriqués dans l’usine BASF, le fibronil, générait du TFA. Désormais ce ne serait plus le cas, d’autres processus de fabrication ayant été développés. Alors, s’agit-il d’anciens stocks malencontreusement rejetés dans le fleuve, ou de produits d’autres fabrications? En effet, l’usine fabrique également des phytosanitaires, dont le processus de production peut générer du TFA.

Dans tous les cas, la molécule impliquée dans la pollution du cours d’eau fait partie de notre quotidien : le fibronil est utilisé comme traitement anti-puces pour les chiens ; les phytosanitaires se retrouvent dans les aliments que nous mangeons ; et l’acide trifluoroacétique… est présent dans plus de 90% des échantillons d’eau du robinet ! (Source : Ministère de la Santé).

Alors, comment essayer d’échapper à cette invasion du quotidien? Privilégier les aliments bio est une première piste pour diminuer la charge des polluants. S’informer sur la qualité de l’eau de notre robinet ; si besoin, interpeller nos élus locaux, lorsque les PFAS ne sont pas mesurés chez nous ; enfin, en cas de doute, si l’on préfère pour sa propre santé consommer de l’eau en bouteille, se renseigner sur les différentes teneurs en PFAS des eaux de sources et des eaux minérales. Attention, toutefois, les particules de plastique des contenants se retrouveront dans la nature.

Catégories CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) européennes :

Catégorie 1ACancérogène avéré
Catégorie 1BCancérogène probable
Catégorie 2Cancérogène possible

Revue de presse du 6 avril 2026

 1. Pollution de l’air : les particules ultrafines officiellement classées comme cancérogènes probables

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC) a annoncé cette semaine que les particules ultrafines (PUF) issues du trafic routier présentent désormais des preuves suffisantes de cancérogénicité chez l’animal et des preuves (limitées) chez l’humain.


Le Monde. (2026, 2 avril). Les particules ultrafines issues du trafic routier classées cancérogènes probables par le CIRC. https://www.lemonde.fr

 2. Chaleur extrême : nouvelle alerte de l’OMS sur les risques cardiovasculaires

L’Organisation mondiale de la santé a publié un résumé de données scientifiques, indiquant que les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes augmentent significativement les risques d’infarctus, d’AVC et de décompensations cardiaques, notamment chez les personnes âgées et les travailleurs exposés.
L’OMS recommande d’intégrer la chaleur dans les politiques de santé publique.


Organisation mondiale de la santé. (2026, 3 avril). Heat and health: updated scientific brief. https://www.who.int

 3. Pollution plastique : confirmation d’une présence accrue de microplastiques dans le sang humain

Une étude publiée cette semaine dans Environment International confirme que les microplastiques circulent dans le sang humain, avec des concentrations plus élevées dans les zones fortement urbanisées.
Les auteurs soulignent des risques potentiels pour le système immunitaire et des effets inflammatoires encore sous‑estimés.


Leslie, H. A., et al. (2026). Microplastics in human blood: updated evidence from urban exposure. Environment International, 188, 108123.

 

Revue de presse – Semaine du 23 mars

1) L’Agence européenne pour l’environnement a publié un communiqué qui rassemble l’état des connaissances montrant des associations cohérentes entre exposition chronique aux particules fines et au NO₂ (gaz à effet de serre), et dépression ; des liens entre pics de pollution et aggravation de symptômes (p. ex. schizophrénie); et un impact du bruit de transport (route, rail, aérien) sur la santé mentale. L’agence en déduit qu’une action intégrée de lutte contre les différentes sortes de pollution pourrait apporter des bénéfices mesurables pour le bien‑être psychique en Europe.

2) Micro‑ et nano‑plastiques dans l’air urbain : une étude (Communications Earth & Environment) montre qu’environ 4 % des particules fines mesurées à Leipzig sont des plastiques, majoritairement issus de l’abrasion des pneus.

En couplant ces mesures à une évaluation de risque d’inhalation, les auteurs estiment que l’inhalation de ces particules plastiques pourrait être associée à une augmentation du risque de mortalité cardio‑pulmonaire (~ 9 %) et de cancer du poumon (~ 13 %).

L’air, et pas seulement l’eau/les océans, est une voie d’exposition directe aux plastiques.

3) Air pollué et sclérose en plaques : une méta‑analyse (Annals of Clinical and Translational Neurology) relie l’exposition chronique aux particules fines à un risque accru de SEP, et l’exposition à court terme à une activité de la maladie plus sévère.

Au-delà des atteintes cardio‑ respiratoires,  le cerveau apparaît donc comme un organe‑cible de la pollution atmosphérique.

 

Sources

 

Revue de presse – semaine du 23 février 2026

1.Impact de la chaleur sur le poids de naissance

Une vaste étude menée par l’INSERM montre qu’une chaleur excessive en début de grossesse impacte le poids de naissance des nouveau-nés. Davantage naissent avec un petit poids de naissance, ce qui est corrélé – c’est connu depuis longtemps – avec des complications périnatales.

L’étude montre que cet impact est aggravé par la pollution atmosphérique et les difficultés sociales, mais atténué par la présence d’espaces verts dans l’environnement de la future maman.

2.L’eau potable et les PFAS

Cette semaine, les associations « Générations futures » et « Notre affaire à tous » ont saisi le Conseil d’Etat pour contester le premier décret d’application de la loi française sur les PFAS, jugé insuffisant pour atteindre les objectifs poursuivis.

Dans le même temps, dans plusieurs communes du Grand Est, des consignes sont données de ne pas consommer l’eau du robinet, en raison du dépassement des mesures de PFAS. Une enquête judiciaire est en cours.

Ces différents événements mettent le projecteur sur l’exposition chronique aux polluants éternels. La pression réglementaire s’intensifie sur l’eau potable.

3.La consommation de produits issus de l’agriculture biologique repart à la hausse en 2026. Malheureusement, la production, elle, a diminué. Actuellement, 10% des surfaces actuelles sont consacrées au bio.

INSERM. (2024, 18 juillet). Petit poids de naissance : l’impact de l’exposition à la chaleur serait renforcé par les facteurs environnementaux et socio-économiques. https://presse.inserm.fr/petit-poids-de-naissance-limpact-de-lexposition-a-la-chaleur-serait-renforce-par-les-facteurs-environnementaux-et-socio-economiques/72187/

Revue de presse –  semaine du 16 février 2026

Comme chaque semaine, voici les informations marquantes de la semaine écoulée

1. Le procès de l’entreprise Total Énergie s’est ouvert au tribunal de Paris. Le géant de l’énergie est accusé de ne pas avoir respecté une loi de protection de l’environnement.

Il s’agit d’une loi de 2017, qui impose aux entreprises d’une certaine taille de développer un plan de vigilance en ce qui concerne, notamment, leur risques environnementaux.

Les plaignants sont des associations, essentiellementenvironnementales. Elles soutiennent que l’entreprise doit intégrer dans ce plan l’extraction et l’utilisation d’énergies fossiles. Elles sont soutenues par des experts du GIEC.

L’entreprise se défend en arguant que la responsabilité de la production de CO2 relève de l’état, et que c’est à celui-ci qu’il incombe d’orienter la politique énergétique. L’entreprise, elle, doit diversifier les énergies pour faire face à d’éventuels coups durs.

Le parquet est intervenu pour préciser que le champ de la loi ne s’étendait pas au changement climatique, soutenant de facto Total Énergie.

Décision attendue le 25 juin

AFP. (2026, 20 février). Décision le 25 juin dans le procès de TotalEnergies sur le devoir de vigilance. Le Monde

RFI. (2026, 20 février). Changement climatique : fin du procès de TotalEnergies pour manquement à son devoir de vigilance. Radio France Internationale. https://www.rfi.fr/

Rédaction Actu. (2026, 19 février). Le procès Total s’ouvre à Paris : qu’est-il reproché au géant pétrolier ? Actu.fr. https://www.actu.fr/

Drugmand, D. (2026, 19 février). Paris Court Holds Historic Climate Trial in Case Against TotalEnergies. Inside Climate News. https://insideclimatenews.org/

Radziemski, L. (2026, 20 février). French court grapples with first major climate trial against oil giant. Courthouse News Service. https://www.courthousenews.com/

Revue de presse – 2 février 2026

Voici les 3 informations principales de la semaine du 2 au 8 février 2026.

  1. Le 4 février est la journée internationale contre le cancer.

Selon le CIRC (Centre international de recherche contre le cancer), agence dépendant de l’OMS, près de 40 pourcents des cancers dans le monde seraient évitables. Leurs causes ? L’alcool, le tabac mais aussi… la pollution.

En effet, la pollution est, par exemple, en passe de devenir la deuxième cause de cancer des poumons, à la place de l’amiante. La première cause reste, bien entendu, le tabagisme.

Photo de Tino u00c1lvarez sur Pexels.com

Que faire de cette information ? Il est bien difficile de de préconiser de vivre plutôt en ville (poussières de la circulation) ou plutôt à la campagne (pesticides).

Par contre, à l’échelle individuelle, nous pouvons agir.

Manger bio. Cela impactera à la fois la qualité de l’air, et la quantité de pesticides se retrouvant dans notre corps. De plus, cela soutiendra la filière, faisant au final baisser ses prix.

Limiter les déplacements en véhicules utilisant de l’énergie fossile. En clair, prendre le train plutôt que l’avion ou la voiture, se déplacer à vélo ou à pied pour les petites distances, et pourquoi pas à cheval à la campagne ? Une idée à lancer au conseil municipal !

Eviter les combustibles fossiles lors d’un changement de chauffage. Les pompes à chaleur, le solaire, seront plus favorables que le chauffage au fioul, bien sûr, mais également plus favorables que le gaz, et même le bois. Car oui, la combustion du bois produit des particules préoccupantes pour les poumons. Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de changer de mode de chauffage ? La question se pose. La meilleure solution en attendant : l’isolation.

Consommer durable : acheter un t-shirt à 45 euros, plutôt que quinze à 3 euros, qui se retrouveront à la poubelle après 3 lavages.

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